Noël au balcon
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Les matchs d’avant Noël ont toujours une saveur particulière. Comme si la ferveur des fêtes de fin d’année enjôlait le stade et poussaient les supporters à braver le froid, le vent, et parfois la neige pour venir soutenir son équipe une dernière fois dans l’année. J’ai notamment souvenir d’un match à Marcel Deflandre où il avait fallu rajouter des tribunes escamotables sous le panneau d’affichage tellement les places étaient demandées. C’était pour la réception de Toulouse, il y a maintenant presque une dizaine d’années. Le grand Toulouse de l’époque, celui des Cazalbou, N’Tamack, Califano, ou encore Ougier. Ougier, l’un des meilleurs arrières de l’histoire du rugby français, qui aura juste eu la malchance d’être de la même génération qu’un certain Jean-Luc Sadourny. Ce soir-là , il avait été éblouissant.
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En cette veille de Noël, le Stade avait perdu, un petit score finalement, quelque chose comme 16 à 9. Si près, mais en même temps si loin… C’était la première fois que je voyais jouer Toulouse, et cet art de la relance, de la continuité et du soutien m’avait impressionné au plus haut point. Le genre de matchs que l’on ne regrette presque pas en sortant malgré la défaite tant la rencontre fut maîtrisée, la démonstration implacable. Les Rochelais étaient en train de grandir, petit à petit, avec notamment des résultats probants contre le Stade Français (41-13 en ouverture) ou Narbonne, match au cours duquel le public maritime se découvrait un nouveau chouchou en la personne de Diego Giannantonio. Mais voilà , Toulouse était passé par là , et en guise de cadeau de Noël avait offert à nos couleurs un petit aperçu de ce qu’il leur restait à faire pour grandir encore.
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Puisqu’on parle de Narbonne et de NoĂ«l, comment ne pas Ă©voquer ce match Ă©tourdissant de dĂ©cembre 2000, clĂ´turĂ© sur la marque de 49 Ă 42, six essais partout. Les commentateurs de Jour de Rugby avaient parlĂ© Ă propos de cette rencontre d’un “aperçu de Super12″. Une fin de match Ă©poustouflante, un essai de Nick Harvey Ă l’entrĂ©e des arrĂŞts de jeu pour revenir Ă 42-42, puis la passe lumineuse sur un pas de Jeff BouchĂ© pour le petit Toala NoĂ«l qui grisait la dĂ©fense et aplatissait rageusement. Je n’étais pas au stade ce jour-lĂ , un de mes plus grands regrets, mais je garde en mĂ©moire toutes les images que j’ai pu en voir, les percĂ©es au forceps de la Puje, les charges pleines de dynamite de Bibine et le jeu si clairvoyant de Matt Tetlow. A l’issue du match, Jean-Pierre Elissalde, les yeux encore Ă©carquillĂ©s, avait dĂ©claré : « Quand on a vu ça, on peut descendre ». Quelles ques soient les difficultĂ©s d’une saison par ailleurs compliquĂ©e, tout Ă©tait dit.
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(Oeil pour Oeil, 15.12.2008)








